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A propos d'un tableau
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APARC
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11300
Limoux -
France
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Certains voient dans
ce tableau , Jésus parmi les habitants de Limoux.
Jésus est certes partout pour les croyants, mais, de la à dire qu'il
est représenté sur ce tableau!
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A propos d’un tableau
Eglise
de l'Assomption à Limoux.
21 novembre 1631
Une effroyable épidémie de peste anéantit la
population de Limoux.
Trois des six consuls en
exercice meurent, ainsi que 3.300 habitants.
La ville est délivrée du
fléau après l’intercession de Notre-Dame du Rosaire.
En l’an du Seigneur 1631, la ville de Limoux est frappée d’une
calamité autre que la guerre et la famine. Le nombre de victimes est
tel, qu’on ne l’a jamais entendu dire, ni vu, ni lu, dans les temps
passés. La mort n’épargne aucune rue ; elle frappe à toutes les portes.
Les familles sont décimées et les fosses creusées dans les cimetières ne
suffisent plus à contenir les corps pestifères enfouis dans le sol des
églises, sous la terre des parvis ; enterrés dans les jardins, derrière
les murs de la ville, le long des berges de l’Aude.
Les prêtres du clergé séculier ainsi que les religieux des ordres
monastiques succombent à leur tour. Ils étaient pourtant nombreux, mais
ils ne peuvent donner à tous les derniers sacrements.
Les limouxins se réfugient dans les églises, les consuls à leur tête.
Ils se prosternent en larmes sous la main de Dieu, et tous poussent vers
lui un cri de détresse, prenant à témoin la statue miraculeuse de
Notre-Dame du Rosaire extraite de sa niche du couvent des frères
dominicains et conduite en procession, chaque fois qu’elle doit
intercéder pour que cessent les calamités publiques.
Un grand et magnifique tableau récemment restauré, conservé de nos
jours dans l’église de l’Assomption, permet d’expliquer avec quelque
exactitude, l’importance du fléau ayant ravagé notre pays au XVIIe
siècle. On voit, sur cette peinture d’époque, nos pères terrifiés,
effrayés, soutenant les mourants, implorant agenouillés et bras tendus
toutes les faveurs célestes réunies sous les traits de la Vierge Marie
descendue des nues afin de présenter l’Enfant Jésus aux affligés vers
qui elle lance son rosaire, ainsi que les trois consuls survivants venus
apporter leur offrande, en l’occurrence une superbe lampe d’argent ;
mais aussi un texte d’une émouvante éloquence peint sur la toile pour
relater l’épidémie pestilentielle.
« L’an 1631, la ville de Limoux étant frappée par la peste, il y
mourut 3.300 personnes et 3 consuls, savoir : les sieurs Jacques de
Benevan, Jacques Barthe, bourgeois, et le sieur Raymond Vilard, et noble
François de Vézian, seigneur de Lansac, avocat en parlement ; les sieurs
Bertrand Fournié et François Aymeric, bourgeois, restants par la divine
Providence, firent le 21 novembre vœu à Dieu et à la glorieuse Vierge
Marie, fondatrice du Saint-Rosaire, au nom de la dite ville, de
consacrer une lampe d’argent à la chapelle du Saint-Rosaire, après quoi
la peste cessa par une faveur extraordinaire du ciel.
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Ce vœu fut accompli en l’an 1640, étant consuls Me Pierre
Desprit, magistrat royal, Pierre d’Azam, Antoine Breil, Pierre Martin,
bourgeois, Claude Faure et Jean Echausses. La même faveur avait été
octroyée à la ville en l’an 1591 ».
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Trois mille trois cents habitants de Limoux, sûrement plus des deux
tiers de la population d’après les estimations démographiques les plus
raisonnables furent victimes de l’effroyable épidémie ; trois mille
trois cents habitants moururent de la peste en l’an du Seigneur 1631.
C’était le 21 novembre, l’anniversaire du jour où la Vierge Marie a été
présentée au temple ; les bienheureux survivants s’engagèrent
solennellement à faire chaque année une procession extérieure en
témoignage de reconnaissance envers la miséricorde divine et envers
Marie, leur puissante protectrice.
Des fêtes d’une prodigieuse ampleur ont rappelé pendant deux cent
cinquante ans, ce vœu, qui avait pris à Limoux une incommensurable
importance. Puis la ferveur déclina peu à peu, entraînant le courroux de
l’évêque Monseigneur Félix Arsène Billard qui clamait justement le 21
novembre 1886 son indignation en ces termes « O Ville de Limoux, ville
rachetée de l’incursion de l’ennemi, qu’il ait pour nom Sarrasin,
Albigeois ou Huguenot, ville rachetée de l’invasion des eaux de ton
fleuve débordé, ville rachetée des affreux ravages d’une épidémie
pestilentielle, comment oses-tu provoquer le Dieu qui t’a sauvée ?
N’as-tu pas peur de ses menaces ?
Ce vœu de la ville dit aussi « de la délivrance » est aujourd’hui encore
honoré mais de façon tout à fait confidentielle par certains croyants
qui ignorent l’origine même de leur acte de foi bien louable. Fallait-il
remémorer la peste de 1631 à Limoux et l’affreuse détresse de nos
aïeux ?
Nous tenons à remercier l’Association Mémoire Historique de Limoux et
son Président qui nous a fourni les renseignements.
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