|
L'oeuvre de Saunière
Retour Plan du site

Sépulture de
Jean Tisseyre
Jean Tisseyre, Maire, qui a fait voter par son
Conseil Municipal le 16 mars 1879, les réparations du presbytère de l'
église et construction d'une sacristie
|
État de l'église
avant l'arrivée Saunière 25 mars 1845: Rapport de l'architecte
de la ville de Limoux
Nous, architecte de la ville de
Limoux soussigné, déclarant avoir procédé le 6 du mois courant à la
vérification de l'église de la commune de Rennes, sur l'invitation à
nous faite le 23 du mois dernier par M. le Maire et plusieurs membres du
conseil municipal de la dite commune et avoir reconnu qu'aucune partie
de l'édifice ne menace ruine comme paraissait le craindre l'autorité
locale de la commune.
Nous pensons que la réparation de la toiture qui est dans un état
complet de délabrement suffira pour garantir l'intérieur de l'église des
gouttières qui se sont formées par le laps de temps à travers la voûte
qui recouvre la nef et le chœur de l'église.
Notre opinion sur la solidité de l'édifice est basée sur l'état des murs
qui sur aucun point n'ont perdu leur aplomb et sur l'état de la voûte ou
l'on ne remarque nulle part aucun mouvement.
Nous pensons encore que pour la conservation de la tour carrée servant
de clocher, il est urgent d'en réparer la toiture et de le crépir sur
les quatre faces extérieures avec du bon mortier.
Au moyen des réparations que nous venons d'indiquer et avec les
réparations d'entretien nécessaires nous sommes d'avis que le bâtiment
servant d'église aura une durée pour le moins aussi, longue que celle
qu'il a eue jusqu'à ce jour. Nous devons dire cependant, que toutes ces
réparations ne sauraient jamais modifier l'intérieur de l'édifice dont
la forme est disgracieuse et irrégulière surtout quant çà la voûte.
Fait à Limoux le 25 mars 1845
1853 – Rapport de M. Guiraud Cals,
inspecteur des édifices diocésains
de
Carcassonne, sur l'état actuel
de l'église de Rennes
Nous , Guiraud Cals, inspecteur des
édifices diocésains à Carcassonne, déclarons nous être rendus sur les
lieux pour y examiner et vérifier le susdit édifice sur l"invitation à
nous faite le 21 octobre dernier par Monsieur le Préfet du Département
de l'Aude.
L'église de Rennes ne se trouve point dans un état de dépérissement tel
qu'in nous a été signalé. Cet édifice présente, il est vrai une
physionomie dangereuse mais le danger n'est que superficiel, nous ne
devons pas par conséquent nous en préoccuper.
La voûte est irrégulière sur tous les sens, c'est-à-dire qu'elle
présente des grands affaissements tant sur la coupe longitudinale que
sur sa coupe transversale. Nous nous sommes scrupuleusement assuré de
cet état de choses, et, nous avons reconnu que toutes ces sinuosités
proviennent des tâtonnements qui accusent une grave ignorance de
procédés de l'art de bâtir à cette époque. Cette construction et fort
ancienne, nous pensons qu'elle remonte au XIII ou IX eme
siècle. La pratique et l'intelligence manquaient aux ouvriers de cette
époque, et principalement à ceux des villages reculés comme celui de
Rennes; Aussi nous sommes nous portés à croire que toutes ces
irrégularités proviennent de la mauvaise conjonction des cintres. La
preuve en est évidente, puisque le mur du Nord a gardé son aplomb
primitif et qu'on ne remarque aucune lézarde sur toute la surface.
Le mur du midi est en surplomb de huit centimètres et quoiqu'on y
remarque deux énormes contreforts postérieurs à la construction de
l'église, nous croyons que ce mur a été construit tel qu'il est
aujourd'hui puisque on ne voit aucune dislocation ni sur la voûte, ni
sur le mur. Nous trouvons donc que cet édifice ne présente pas des
dangers sérieux pour la sécurité publique.
Nous reconnaissons que l'église est trop petite pour une population de 5
âmes que contient la commune de Rennes. Quant à l'agrandissement, la
disposition de l'église ne nous permet point d'ouvrir des baies pour y
pratiquer ni chapelles ni bas côtés, le seul moyen d'agrandissement
serait la construction de la tribun e projetée, mais nous ne
l'approuvons pas. L'église de Rennes présente non seulement des
affaissements à la voûte mais encore une disposition d'un plan tout à
fait irrégulier et bizarre. La tribune, les plâtrages et les crépissages
qu'on se propose d'y faire ne modifieront jamais la physionomie
irrégulière que, présente l'intérieur, à ce point de vue seulement nous
serions d'avis d'annuler toute sorte de projet d'agrandissement et
d'embellissement et d'attendre que la commune eût assez de fonds pour
parer à la construction d'une nouvelle église dont les dépenses
pourraient s'élever à la somme de 4500 francs environs
Dressé par l'inspecteur diocésain soussigné
à Carcassonne le 9 novembre 1853
Extrait du registre des délibérations
du conseil municipal du 16 mars
1879
L'an mil huit cent soixante et dix nef neuf et le seize
mars, le conseil municipal de la commune de Rennes-le-Château, canton de
Couiza (Aude) s'est réuni dans le lieu ordinaire de ses ces sous la
présidence de Monsieur Jean Tisseyre maire, en vertu d'un autorisation
de Monsieur le sous-préfet en date du 13 courant.
Etaient présents:
MM Jean Tisseyre, maire, Pierre Sauzède, Jean Léon
Sarda; Blaise Vidal, Barthélemy Moulines, François Péchou, Antoine Méric,
Elie Rousset, Pierre Faure.
Absent: Pierre Mis
Monsieur le maire a pris la parole et présenté les devis et
détail estimatif des réparations projetées, soit au presbytère, soit à
l'église, et pour la construction d'une sacristie dont le chiffre
s'élève.
Pour les réparations du presbytère : 2046,66 francs
Pour les réparations de l'église:2797,97 francs
Pour la construction de la sacristie: 3345,98 francs
Formant un total de: 8190,61 francs
et considérant que ces réparations ou constructions sont d'une urgence
absolue a engagé le conseil municipal à délibérer à ce sujet.
Le conseil municipal:
Après examen, décide que ces réparations sont d'un grand besoin mais
que, vu la pénurie des ressources de la commune, qui ne peut à cause des
charges qu'elle supporte déjà, frapper une imposition nouvelle, pour les
travaux ci-dessus mentionnés, et qui sont d'une nécessité absolue de
continuer la souscription volontaire déjà entreprise et qui lui permet
d'estimer ainsi son apport:
235 journées a 2 francs l'une : 587,50 fr
Bois pour poutres, chevrons, plancher: 500,00fr
Pierre de taille et pierres ordinaires: 960,00 fr
Transport des matériaux: 530,00fr
Terrain pour construction sacristie: 1500,00 fr
Avant que les derniers orages rendent nécessaires un surcroît de
travaux, la commune a vote: 100,00 fr
La commission départementale lui a alloué: 150,00 fr
Lez conseil de fabrique s'inscrit aujourd'hui pour: 100,00 fr
Ce qui fait un total de 4427,50 francs
Ne pouvant se suffire pour faire cette réparation, le conseil décide de
s'adresses avec confiance à Monsieur le Ministre des Cultes pour qu'il
lui accorde la somme de 3695,61 fr, somme nécessaire pour combler le
déficit et laquelle lui manque pour achever les travaux déjà commencés.
|
Avril 1879
L'Évêché accorde la
somme sollicitée par le
conseil municipal
pour la réalisation des travaux
Nous, Evêque de Carcassonne
Vu le projet de réparation de l'église de
l'église de Rennes-le-Château, dont le devis estimatif s'élève à la
somme de 2797,97 fr
Vu le devis pour la construction d'une sacristie s'élevant à 3345,98 fr
Vu le détail estimatif des travaux à faire au presbytère s'élevant à
2045,66 fr
Vu la délibération du 9 mars 1879, dans laquelle le Conseil de fabrique,
après avoir fait ressortir l'urgence des réparations à faire à l'église,
vote la somme de cent francs, et fait un appel au Conseil Municipal pour
obtenir quelques secours ;
Vu la délibération du Conseil Municipal en date du 16 mars 1879,
appuyant la demande du Conseil de fabrique et donnant le détail des
souscriptions volontaires et dons en nature, s'élevant à la somme de
4427,50 fr
Considérant que l'église de Rennes est dans un état de délabrement
complet, qu'elle est dépourvue de sacristie, considérant de plus que la
Maison du desservant est à peine logeable;
Considérant que la Commune de Rennes-le-Château est l'une des plus
pauvres du département;
Considérant que les habitants s'imposent de très grands sacrifices pour
mener à bonne fin des travaux en cours d'exécution;
Considérant que ces sacrifices méritent aide et encouragement;
Sommes d'avis qu'il a lieu d'accorder le secours sollicité par le
Conseil Municipal de Rennes-le-Château.
Signé Mg François de Saint Albert Evêque de Carcassonne
Carcassonne le 8 avril 1879
Département de l'Aude
Arrondissement de Limoux
Commune de Rennes-le-Château
Réparations à l'église et construction sacristie
Réparations au presbytère
L'architecte diocésain de Carcassonne sur les devis dressés pour
l'exécution des édifices ci-dessus s'élevant ensemble à 7656,08 fr et
dont la commune demande à l'Etat un secours de 3228,58 fr pour lui venir
en aide.
Vu le projet adressé avec le présent devis.
Considérant que l'église de Rennes-le-Château a un caractère
architectural d'une époque très reculée qu'il convient de conserver sans
en altérer la valeur.
Considérant que le projet dressé n'a aucune raison d'être, non comme
besoin indispensable au culte, mais comme architecture et aménagement;
que la somme de 3360,99 fr portée au devis pour la construction d'une
sacristie est suffisante pour donner a cette œuvre le caractère qu'a
l'église.
Considérant que les devis pour les réparations de l'église et du
presbytère sont sans étude et ne paraissent pas avoir été dressés par un
homme compétent:
Sommes d'avis de les rejeter et d'inviter l'autorité locale de
s'adresser pour les projets dont il s'agit à un architecte sérieux qui
aura a fournir un plan des travaux à faire au presbytère, la plan
général de l'église et de la sacristie projeté avec coupe et élévations
à l'appui.
Carcassonne le 24 avril 1880
Signe G. Cals
Carcassonne le 17 août 1883
Nous Evêque de Carcassonne
Vue en date du 25 février 1883, une délibération du
conseil de fabrique paroissiale de Rennes-le-Château, par laquelle,
après un exposé détaillé de l'état déplorable où se trouvent le
sanctuaire, l'autel et les deux fenêtres de la nef dont les châssis ont
été brisés et emportés par un ouragan, les membres du conseil concluent
à l'unanimité qu'ils doivent, en présence de la pénurie absolue de la
caisse fabricienne s'adresser à l'état pour rendre possible l'exercice
du culte dans cette localité.
Vu la lettre collective adressée par M. le Maire et tous les membres de
son conseil à M le Préfet de l'Aude pour lui certifier l'exactitude des
détails navrants exposés par le conseil de fabrique touchant l'état de
l'église paroissiale, et l'impossibilité ou se trouvent, soit la caisse
fabricienne, soit celle de la commune de disposer des moindres fonds.
Vu le budget et compte de fabrique en déficit annexes à un autre dossier
qui a été présenté simultanément avec celui-ci et pour un autre objet;
Vu le devis estimatif des travaux à exécuter, soit au sanctuaire, soit
aux deux fenêtres de la nef;
Considérant que le service religieux est devenu impossible dans l'église
paroissiale de Rennes-le-Château à cause du danger imminent que
l'écroulement de la voûte du sanctuaire, de l'état de vétusté du maître
autel, de l'obscurité où est plongée la nef, parce qu'on a dû fermer par
des planches les ouvertures des fenêtres qu'jne tempête a privées de
leurs verrières;
Considérant que cette population de Rennes-le-Château nécessairement
pauvre sur le pic aride qu'elle habite, n'es est que plus digne
d'intérêt.
Sommes d'avis et émettons le vœu que l'Etat lui accorde dans la plus
large mesure, les secours qu'elle sollicite pour les réparations
urgentes de son église paroissiale.
Pour Monsieur l'Évêque absent, signé le vicaire général.
1883 – Rapport de l' Evêché
Nous, Évêque de Carcassonne,
Vue en date du 1 er avril 1883, une
délibération du conseil de fabrique de l'église de Rennes-le-Château,
qui constate le mauvais état du clocher de l'église paroissiale, et qui,
en l'absence de toute ressource pour le réparer, conclut à recourir au
conseil général, de concert avec les membres du conseil municipal.
Vue en date du 11 février 1883, une délibération du conseil municipale
de la dite commune, qui reconnaît non seulement l'urgence de la
réparation du clocher Lézardé sur les 4 faces mais encore celle que
nécessitent les toitures du presbytère et de l'église.
Vu que dans la délibération précitée du 11février 1883, le conseil
municipale a approuvé à l'unanimité chaque article de ce devis et la
proposition de M. Le Maire de recourir au conseil général afin d'en
obtenir un secours qui permit d'exécuter ces différentes réparations et
que serait de 697 francs, la commune s'étant en 1882, imposée une somme
de 250 francs pour le même objet et ne pouvant aller au delà.
Constatant l'accord existant entre les deux conseils de la commune et de
la paroisse pour appliquer un prompt remède au mal qu'ils signalent.
Considérant que la situation exceptionnelle de cette localité assise sur
un plateau élevé et aride la réduit à une pauvreté indéniable.
Considérant qu'une attribution de 250 francs a déjà été votée par le
conseil municipal pour commencer ces réparations urgentes.
Sommes d'avis que le conseil général de l'Aude accueille favorablement
la demande à lui adressée par les représentants légaux de Rennes le
Château.
Fait à Carcassonne, le 17 Août 1883
Pour Monseigneur, l'Evêque absent, le Vicaire Général.
|