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La dalle de la
Marquise de Blanchefort
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LA DALLE DE MARIE DE NEGRE D'ABLE
MYTHE OU RÉALITÉ?
Pour l'autorité religieuse, l'abbé Bérenger Saunière n'a pu réaliser
tant de choses à Rennes-le-Château qu'en se livrant au trafic de
messes pour faire face à ses dépenses.
Un fait confirmé à la lecture de ses carnets, Saunière a sollicité
durant plusieurs années de son ministère plus de demandes de messes
qu'il ne pouvait en célébrer.
Doit-on pour cela en déduire qu'il s'est
livré à un trafic de messes? On sait que, vu l'état de délabrement de
son église, Saunière a fait ce que plusieurs prêtres de l'époque et de
très hauts dignitaires de l'église ont fait en sollicitant la générosité
de ses fidèles. Mais, cette affirmation est bien fragile, car ce ne sont
certes pas les messes qui ont assuré à Saunière les revenus lui
permettant de réaliser les travaux qu'il entreprit après la restauration
de son église.
Alors diront certains, reste la découverte d'un trésor!
Pour l'auteur de "l'Or de Rennes", Saunière aurait découvert dans
l'épitaphe de Marie de Négre d'Ables dame d'Hautpoul de Blanchefort, le
chemin qui devait le conduire à ce trésor.
Ainsi, depuis la parution de cet l'ouvrage, les chercheurs, conscients que malgré
toutes ses réalisations le curé n'avait pu épuiser le magot, poursuivent
sans relâche leur quête pour récupérer les restes.
Les auteurs, depuis plus d'un demi-siècle nous abreuvent de thèses et
d'hypothèses qui en définitive ne leur servent qu'à promouvoir leurs
idées.
Et enfin, il y a les autres, qui savent que le silence est la meilleure
des attitudes lorsqu'on a encore beaucoup de choses à apprendre, à
comprendre, à découvrir, qui suivent pas à pas cette horde de guerriers,
armés de pelles, pioches et stylos et se prennent à rêver. Eux, ne songent
qu'à ne pas s'éveiller pour ne pas mettre fin à cette si belle histoire.
Le 9 juin 2007, à Limoux,
se tenait le 5 eme colloque annuel des
Associations ARTBS (Association pour les Recherches
Thématiques sur Bérenger Saunière)et ODS (Oeil du Sphinx). Philippe Marlin, président de
l'association présentait aux nombreux participants
les conclusions d'une "mission scientifique" qui avait eu pour
cadre en
janvier 2007 l'église rupestre de Vals en Ariège.
Philippe Marlin, a autorisé L'APARC à publier le résultat de cette
étude qui
apporte un éclairage nouveau sur certains aspects de l'affaire de
Rennes-le-Château.
Qu'il en soit vivement remercié.
Précisons que l'intégralité des textes et photos de ce dossier sont la propriété
exclusive de M. Philippe Marlin.
Toute copie est interdite sans son
autorisation de l'auteur.
LA TOMBE
DE VALS (Ariège)
(copyright) Philippe MARLIN
La
tombe de la dame d’Hautpoul fait intrinsèquement partie de la légende de
Rennes-le-Château.
C’est à Gérard de Sède, dans l’Or de Rennes
(1967), de la mettre pour la première fois en scène:
Marie de Negri d'Ables, dame d'Hautpoul de Blanchefort mourut en son
château de Rennes âgée de soixante-sept ans, le 17 janvier 1781. L'abbé
Antoine Bigou mit autant de soin à composer son épitaphe que Bérenger
Saunière, cent ans plus tard, allait en employer à en effacer une
partie. Quand on sait qu'il y passa deux ans, on est surpris de lire ce
texte étrange, dépourvu de sens apparent, dont chaque ligne comporte
faute ou anomalie, et où les noms mêmes d'une si illustre dame ont été
deux fois écorchés.
Notre propos n’est pas de retracer ici l’histoire castelrennaise à la
lumière de ces inscriptions. Retenons simplement :
- que personne n’a jamais vu les deux pièces (stèle et dalle) de cette
tombe avec leurs inscriptions (et pour cause, puisque Saunière les
aurait effacées !)
- que son « décryptage » a donné lieu à une très abondante littérature,
d’autant plus passionnée que ces mystérieuses inscriptions permettraient
de décrypter à leur tour d’autres non moins mystérieux documents, les
fameux parchemins qui auraient été découverts par l’abbé.
Des parchemins
(le Grand et le Petit) dont personne non plus n’a jamais vu les
originaux.
On sait que l’authenticité de ces derniers parchemins a été sérieusement
contestée. Ils feraient partie de la grande mystification montée par
Pierre Plantard sur l’affaire de Rennes-le-Château. Philippe de Cherisey,
comparse de Plantard, s’est attribué la paternité de la supercherie dès
1977 dans L’Enigme de Rennes. Jean Robin, dans La Colline
Envoûtée, est le premier à avoir démonté en 1982 l’ensemble des
mécanismes mis au point par les faussaires.
Alors, si les parchemins sont des faux, quid des inscriptions de la
tombe qui serviraient à décrypter ces documents.
Philippe de Cherisey, dans un document récemment publié, Pierre et
Papier (in Rennes-le-Château, Gisors ; le Testament du Prieuré de
Sion ; le Crépuscule d’une Ténébreuse Affaire ; Jean-Luc
Chaumeil, Pégase, juillet 2006) revient sur les détails de la
mystification et évoque le cas de la tombe. Celle-ci, d’après la
littérature castelrennaise, est évoquée à trois reprises :
-(dans l’œuvre d’un certain Stublein, Pierres Gravées du
Languedoc, cité par Gérard de Sède dans son livre et référencé à la
Bibliothèque Nationale. Une référence à un ouvrage bidon dont personne
n’a jamais vu l’original, référence soufflée par de Chérisey à l’auteur
de L’Or de Rennes. Extrait de La Bibliothèque de Bérenger :
Pierres Gravées du Languedoc par Eugène Stublein (Limoux 1884),
réédité par l’abbé Joseph Courtauly en avril 1962. Un recueil assez
grossier de diverses planches qui sont le prétexte pour introduire la
tête de Saint Dagobert qui serait gravée sur un menhir à
Rennes-les-Bains ; le carré Sator (Ce carré Sator serait gravé au dos
de la tête de Saint Dagobert II) qui fera les choux gras de tous les
hermétistes saunièrisants ; les fameuses dalle et stèle de la
Dame de Blanchefort sur lesquelles s’épuiseront des générations de
décrypteurs ; enfin la dalle dite des chevaliers qui serait celle de la
sépulture des princes Sigebert IV, V et Béra III dans l’église de
Rennes-le-Château.
-
le rapport d’Ernest Cros, personnage réel qui a bien connu
Saunière. Pour autant que je sache, écrit de Chérisey, et que
je les ai eues entre les mains, ces feuilles pourraient bien être mon
œuvre que j’aurais fait passer à Monsieur Noël Corbu de
Rennes-le-Château, exactement de la même façon que j’ai fait passer les
documents à Gérard de Sède.
-
reste le compte-rendu d’une expédition effectuée en 1905
par la Société d’Etudes Scientifiques du Département de l’Aude, document
qui évoque la stèle et reproduit ses inscriptions. Le propos du
mystificateur est ici plus ambigu : En fait, tant que les curieux
pourront se procurer cet ancien numéro, je serai qu’un demi-farceur,
c'est-à-dire l’héritier d’une farce lancée il y a une soixantaine
d’années. Mais attendez un peu que paraisse le présent ouvrage et je ne
donne pas six mois pour que, raflé par des curieux, l’on ne trouve plus
aucun exemplaire de ce Bulletin.
EN PARCOURANT LES ARCHIVES
DE GÉRARD de SEDE
L'ARTBS et ODS a « hérité » d’une partie des archives de Gérard de Sède, et
plus particulièrement de certains des documents préparatoires à la
rédaction de L’Or de Rennes (Fonds Philippe
Marlin/Rennes-le-Château). Un ensemble de photos prises par l’auteur,
une collection des Dossiers dits Secrets, des notes etc……. Beaucoup des
documents portent le cachet « Pierre Plantard ». Dans une chemise ainsi
estampillée, nous avons trouvé :

Tombe
de Françoise de Serres, épouse de Jean de Cases, conseiller au
Présidial de Pamiers
.
Une pierre tombale portant des inscriptions
qui ne sont pas sans évoquer celles de la tombe d’Hautpoul. Il est
indiqué au verso de la photo : Vals, Ariège.
.

|
Un document manuscrit avec des croquis annotés de la stèle
et de la dalle Hautpoul .

Une
photo de la stèle et de la dalle Hautpoul qui fait
penser à une « maquette » réalisée pour les besoins de la cause
( voir photo ci contre). Il est
indiqué au dos : « la tombe de la marquise de Blanchefort avant
l’effacement par Bérenger Saunière ». A noter que le cachet « Plantard »
est biffé.
Une photo de la dalle Hautpoul extraite du faux rapport
Stublein.

Ce petit dossier laisse un sentiment indéfinissable : On a l’impression
d’assister à la fabrication d’un faux, en s’inspirant des inscriptions
relevées sur une tombe bien réelle.
Il s’agit de la pierre tombale correspondant à la photo retrouvée dans
les archives de Gérard de Sède. En fait, pour être précis, nous devrions
parler de deux pierres tombales, situées côte à côte.
-
celle de gauche
Est sans conteste
celle que nous recherchions.
Nous en donnons une première tentative de
transcription.
Quelques remarques :
1- Il semble impossible de lire le nom de la Dame Françoise de…..
sur la photo d’origine. Il manque une lettre avant le E. Sur nos photos,
on devine un S, ce qui donnerait comme nom SERRES.
2 – Impossible (sur les deux versions) de lire le nom de son
époux : veuve de MRE IFA DE CASE, les mots étant entrecoupés par trois
sigles.
3- le N est inversé dans CONS.
4 – ER est surélevé.
5 – Sur notre photo, et contrairement à celle de de Sède/Plantard,
on peut lire à la dernière ligne la date de 1760
-
celle de droite
Est encore plus étrange.
Nous en donnons également une
tentative de transcription.
-
1 – l’année 1760 est cette fois parfaitement lisible.
-
2 - Les deux figurines à gauche et à droite de la croix sont pour
le moins singulières sur ce type de « monument »... Celle de gauche
n’est pas sans rappeler le poulpe cher à l’iconographie plantardienne.
Les recherches effectuées après cette
visite ont permis de localiser cette Dame Françoise de Serres, décédée
en 1760.
Quoiqu’il en soit, il ne semble pas
douteux que nous sommes bien ici en présence de la source d’inspiration
des inscriptions relevées sur la dalle d’Hautpoul.
LES REACTIONS
Patrick Mensior, dans le numéro de
l’année 2006 de sa revue Parle-moi de Rennes-le-Château, revient
sur cette expédition du 25 juin 1905 de la SESA et sur le rapport qui en
fut rédigé par Elie Tisseyre. Il en ressort que :
- Cette
mission scientifique a bien eu lieu, de nombreux témoignages en
attestent.
- la stèle
(appelée dalle dans le rapport) a bien été observée : une visite au
cimetière nous a fait découvrir dans un coin une large dalle, brisée en
son milieu, où on peut lire une inscription gravée très grossièrement.
Cette dalle mesure 1m30 sur 0m65. Suit une reproduction de la stèle
(identique à celle reprise par Gérard de Sède).
- de
nombreuses questions restent en suspens. La reproduction ne montre
aucune brisure. Par contre, les inscriptions sont parfaitement lisibles.
L’abbé Saunière a-t-il gratté l’épitaphe ?
Patrick Mensior penche en faveur de la thèse suivante ; le relevé des
inscriptions n’a pas été opéré durant l’expédition, mais réalisé par la
suite et ajouté au rapport. …………… Le mystère reste entier, d’autant que
la version originale du Bulletin de la SESA semble introuvable
aujourd’hui. Clin d’œil à Philippe de Cherisey ?
Nous n’irons certes pas jusqu à la
théorie développée par Franck Daffos, mais que nous versons au dossier :
Extrait d’une conférence donnée à la Table de l’Abbé* par Franck Daffos
en août 2005 : la seule retranscription avérée que nous ayons
de la fameuse stèle de la marquise de Blanchefort provient d'une
communication de la SESA relatant un voyage à RLC supposé s'être déroulé
en 1905. Ce qui est étonnant, c'est que la TOTALITE des chercheurs ont
pris ce texte pour argent comptant au vu de l'excellente (et méritée)
réputation de cette docte assemblée. Pourtant, pour un esprit assez
critique, quand on reprend la relation de cette excursion et qu'on la
décortique comme je viens de le faire, on s'aperçoit rapidement qu'elle
est TRUFFEE d'erreurs grossières de toutes sortes qui sont VOULUES et
qui ne sont là, à mon sens, que pour nous faire comprendre que cette
excursion n'a jamais eu lieu. Je peux d'ailleurs, à la lumière de mes
recherches, très facilement le prouver. On peut donc dire que la Stèle
de la Dame de Blanchefort n'a JAMAIS EXISTE en tant que telle en réalité
et n'a existé que sur le papier. Quand on connaît son importance en ce
qui connaît le décryptage du Grand Parchemin, il est évident qu'elle ne
peut donc être que de la main de celui qui, dans la 2ème partie du 19ème
siècle a "composé" (au moins) ce Parchemin. Il est donc tout à fait
illusoire de croire que Saunière a passé ses nuits à gratter cette stèle
puisqu'elle n'existait pas...
La communication de la SESA, parue sous la, plume (de complaisance) d'un
ami de Boudet, Mr Elie Tisseyre, n'a eu pour but que de re-introduire
dans cette affaire les Parchemins codés et leur corollaire obligé la
dalle de Blanchefort. Nous étions en 1906 : comme par hasard,
l'édification du domaine "de" Saunière venait de s'achever. Tout était
donc en place pour attirer l'attention sur le village de RLC et surtout
sur son église donc la décoration intérieure était achevée de puis 1897
et donc le décodage complet était possible depuis 1903 avec la création
du tombeau des Pontils... Au su de tout cela, il n'est donc pas très
compliqué de comprendre quel fut le réel auteur de cette fameuse
communication de la SESA, d'autant plus qu'il en était l'éminent
correspondant pour la Haute Vallée de l'Aude : l'abbé Henri Boudet.
Sans
aller aussi loin dans le « négationnisme » , Pierre Jarnac dans le
numéro de sa revue Pégase daté de mai 2007 émet lui aussi de
sérieuses réserves quant à l’existence des inscriptions relevées par la
SESA. Or le texte publié a paru si entaché d’anomalies graphiques
que, lorsqu’il fut placé dans le contexte d’une recherche d’un trésor,
théorie envisagée pour expliquer l’étonnante fortune de l’abbé Saunière,
beaucoup y virent les éléments d’un code secret ! Même si quelques
esprits cartésiens ont tenté de minimiser la portée des bizarreries de
cet épitaphe, ils n’ont pu se départir du fait que tant d’erreurs
accumulées touchait à l’incongruité !
__________

Une épitaphe n'ayant aucun rapport avec Rennes-le-Château, mais dont la
graphie est très intéressante.
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