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La mutation
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Le 1er Février 1909 Saunière démissionne
Semaine religieuse de Carcassonne
Vendredi 22 janvier 1909
"Par décision de Monseigneur l'Evêque, M.Saunière, curé de
Rennes-le-Château, a été nommé curé de Coustouge"
Lassé,
ulcéré, mais réconforté par ses amis, Bérenger Saunère, fin janvier 1909
écrit à son Evêque et lui fait part de sa démission.
Monseigneur,
En présence de la décision maintenue de voir votre grandeur
au sujet de mon départ de Rennes, il me reste un parti à prendre suggéré
par votre grandeur elle même alors que vous avez dit aux représentants
de la commune en parlant de moi "qu'il prenne sa retraite".
C'est pourquoi vous voudrez bien agréer ma démission et ne plus me
compter à partir du 1 er février au nombre des prêtres de votre diocèse
qui exercent le Saint Ministère.
Daignez agréer....
Signé Saunière.
Rennes-le-Château, janvier 1909
Monseigneur,
Votre grandeur comprendra le retard que j'ai apporté à
répondre à la lettre de M. Le Vicaire Rodière me réitérant à nouveau ma
nomination de curé de Coustouge. Il me convenait guère de prendre à la
légère une décision définitive, d'où doit dépendre pour moi mon
existence entière.
Après avoir mûrement réfléchi, après avoir prié et invoqué les lumières
de l'Esprit Saint, j'ai le profond regret de vous dire Monseigneur qu'il
met absolument impossible d'accepter la nouvelle paroisse que vous
voulez me confier même en présence en quelque sorte du fait accompli
devant lequel vous avez voulu me placer en faisant paraître
officiellement ma nomination.
A l'âge ou je me trouve, déjà affligé par les multiples infirmités de la
vieillesse non moins que par les épreuves qui ont broyé mon coeur
fraternel, après tout ce que j'ai fait pour l'église de
Rennes-le-Château que j'administre depuis…ans et pour laquelle je n'ai
compté ni mes efforts, ni les dépenses pour la rendre digne du Dieu qui
l'habite, toute mon ambition se bornait à passer mes derniers jours dans
mon humble paroisse. Par un acte d'autorité de votre Grandeur, vous
voulez m'en éloigner aujourd'hui.
Je voudrais pouvoir optempérer à votre volonté, Monseigneur, mais je ne
puis pas pour les nombreuses et majeures raisons que j'expose à votre
grandeur.
Puisque mes pouvoirs doivent cesser pour Rennes-le-Château à partir du 1
er février, je n'ai qu'à m'incliner devant la mesure qui me frappe.
Dimanche prochain donc pour la dernière fois, j'assurerai le service
religieux de Rennes-le-Château et puisque ce jour là expirent mes
pouvoirs, que votre grandeur croit bon de m'enlever à cette paroisse, je
n'aurai plus qu'à informer la population que désormais elle aura affaire
a celui à qui vous confierez le service religieux.
Quant à moi, Monseigneur, il ne me reste plus qu'à me retirer du service
actif.
Je ne saurais dire avec quelle profonde tristesse et combien le cœur
broyé je prends cette décision, parce qu'il m'est absolument impossible
de faire autrement.
(brouillon de la lettre adressée à son Evêque)
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Nomination de Saunière pour la paroisse de Coustouge

22 janvier 1909
Lettre de l'Evêché à Saunière
lui signifiant sa nomination à la
paroisse Coustouge
Certificat de prise de possession
le 1 er février 1909.
(Saunière ne s'est jamais rendu à Coustouge).
L'abbé Lucien.Gazel de Villefloure (chanoine honoraire, professeur de
mathématiques, à l'école Saint Stanislas à Carassonne) lui adresse un
courrier de soutien le 23 janvier 1909 et lui recommande la prudence
dans ses écrits.
Mon bien cher ami,
Ta lettre m'a vivement surpris, et je suis à me demander pourquoi après
20 ans à Rennes, Monseigneur songe subitement à toi pour l'important
poste de Coustouge.
Le temps passé lui viendrait-il à la mémoire ? Ou bien quelqu'un
t'aurait-il encore desservi auprès de lui? Il n'y aurait rien
d'étonnant. Quoiqu'il en soit, il me semble qu'après tout ce que tu as
fait à Rennes il ne te soit pas possible de le quitter.
L'autorité dis tu ne veut rien savoir. Cela je le crois et cela me
prouve qu'on ne veut pas seulement t'éloigner de Rennes, mais surtout
des personnes qui t'entourent.
C'est la pensée de l'autorité probablement. Dans ce cas que faire?
Refuser ton déplacement? L'autorité te l'imposera peut-être même
jettera-t-elle sur toi l'interdit, si tu persistes dans ton, refus.
En appelleras-tu alors au Métropolitain? Si tu le fais tu es sûr
d'avance d'être condamné. Si Monseigneur dans le changement qu'il veut
t'imposer n'invoque pas la raison des personnes qui sont avec toi, à ta
place, je refuserai carrément et 'attendrais venir.
Toutefois sois prudent dans tes lettres que tu peux échanger avec
l'autorité, il vaudrait mieux ne pas écrire et discuter la chose de vive
voix. Si on invoque cette dernière raison, ce qui serait absurde après
20 ans; si tu résistes, Monseigneur te brisera et alors il vaudrait
mieux le remercier et prendre la retraite, tout simplement en invoquant
tes infirmités, que tu fais constater par un certificat que te
délivreras ton docteur. Je ne sais d'ici quel conseil te donner, il
faudrait voir auparavant les lettres de l'Evêché. Mais si c'est un
simple changement qu'on te propose sans aucun motif, je répondrais en
envoyant le certificat de mon médecin constatant que ma santé ne me
permet pas un déplacement quelconque, mais encore une fois, si tu écris
sois prudent dans tes lettres et pèse bien les mots.
L'abbé Gacher te dira son sentiment et certainement sa décision sera la
bonne….
Mes
amitiés à toute la famille
Bien à tous
Signé L.Gazel.
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