EN ARIEGE:
UNE JOURNEE DECOUVERTE AU MONASTERE DU CAROL
Que
reste-t-il aujourd’hui du monastère du Carol ? Quelques ruines, une
crypte dont les tombes ont été profanées, une grotte où l’on peut voir
une très belle statue de Marie Madeleine avec ses attributs, un calvaire
et des pans de murs de l’ancien monastère.
Ce grand ensemble situé sur le territoire de la commune du Baulou
(Ariège), dans la seconde moitié du XIX eme siècle, par le révérend Père
Louis de Coma fut dynamité sur ordre de l’Evêché de Pamiers en janvier
1957.
Pourquoi après tant d’années s’intéresser à ce lieu et revenir, le 29
août 2010, avec quelques amis de l’APARC (Association pour la
Préservation de l’Ame de Rennes-le-Château) dont je suis président en
exercice ? Curiosité certes, mais aussi et surtout essayer d'en savoir
plus sur ces constructions sur terre et sous terre.
Involontairement, je fus en
1986 à l’origine de la découverte et des
visites de ce lieu.
Journaliste à la rédaction du Journal le Midi-Libre à Limoux, je reçois
en service presse un ouvrage signé, Gabriel Leucas D’orsi (Guy Saloni de
son vrai nom) avec pour titre "Le sanctuaire profané" édité aux Editions Belisane.
Le 21 octobre 1986, je publie dans Midi-Libre et
Independant, un compte rendu assez succinct, car je dois bien l’avouer,
la lecture de cette cinquantaine de pages me laisse perplexe. Je retiens
cependant que l’auteur nous signale un lieu de culte dont on ne fournit
pas l’emplacement, mais qui se situerait à quelques kilomètres de Foix,
près d’un ancien monastère et que ce lieu mystérieux et son histoire
présente un lien avec celui de Rennes-le-Château. Deux lieux ou les
prêtres ont un culte fervent pour Marie Madeleine.
Comme l’abbé Boudet, dans son ouvrage sur la « Vraie langue celtique »,
pour comprendre ce qu’a voulu nous faire découvrir Gabriel Leucas d’Orsi,
l'on se doit d’analyser l’ouvrage et lire entre les lignes, pour en définitive
rien d’autre que de révéler l’existence d'un lieu de culte, une crypte,
des grottes et constructions datant de la fin du XIX eme siècle.

L’auteur et les réalisations du Carol
Louis de Coma est né en 1822 à Foix ((Ariège) dans une famille croyante
et pratiquante de neuf enfants. Le Père Bonaventure de Coma est
architecte dans cette ville et jouit d’une bonne réputation.
Le jeune Louis, après après de brillantes études ecclésiastiques au Petit
séminaire et Grand séminaire, en
1844 il entre au séminaire jésuite de Saint Acheul à Amiens jusqu’en
1855.
Année ou son père décède, Louis va alors rejoindre le vaste
domaine familial, à Baulou dans l’Ariège. Il dirige l’Association « La
Bonne Mort », affiliée à la Compagnie de Jésus et dont l’objectif est
d’aider les croyants à préparer leur mort. Association qui consiste à
recevoir des dons, organiser des retraites payantes, des confessions...
Il crée l’œuvre de Gethsemanie dont le but est de recevoir des dons pour
des messes en faveur des mourants (Une messe individuelle 100f, 1 messe
commune 1 f). Déjà, nous constatons des similitudes avec Saunière.
Avec l'aide des Jésuites, il parcourt la France et récupère des sommes
importantes qu’il remet à sa hiérarchie.
Pas en totalité et en 1860 il entreprend de vastes constructions qui
dureront près de 20 ans. Il fait alors appel à des ordres religieux pour
venir s’installer dans son monastère. On dit qu’il recevra de la
Comtesse de Chambord 4000 francs-or.
Malgré tous les efforts déployés, il n’arrive pas à convaincre les
ordres religieux à venir en Ariège. La fin va sonner pour le monastère
qu’il va transformer en école apostolique. On a estime le montant des
constructions à 500 000 francs-or.
On a dit et écrit que le Père Louis de Coma aurait été aidé par Alfred
Saunière…. des relations étroites avec Bérenger Saunière et serait venu
à Rennes… et aurait bénéficié du trésor de Saunière pour construire
son monastère….
Nous sommes là, en pleine légende et délire ou la seule concordance des
faits entre Saunière et le Père Coma: les demandes de messes et les dons
de la Comtesse de Chambord: 1000 ou selon certains 3000 francs-or pour
Saunière, 4000 francs-or pour le Père de Coma. Pour le reste, il suffit
de consulter les archives ecclésiastiques pour se faire une opinion.
Mais, quoiqu'il en soit, la visite du monastère
dynamité du Carol près de Foix, mérite une promenade et la découverte de
ce lieu qui malgré les saccages est assez surprenant et le cadre
et dans un cadre de verdure merveilleux.
Quelques dates qui parlent:
11 avril 1852 Naissance de Saunière.
Le Père Louis de
Coma à 30 ans, il est professeur de Français à Nantes
17 février 1855 naissance d'Alfred Saunière
1879 (Jules Ferry fait dissoudre la Compagnie de Jésus) Le Père Louis de
Coma quitte la compagnie des Jésuites pour se consacrer à son œuvre.
Bérenger Saunière est ordonné prêtre et le 16 juillet nommé vicaire à
Alet-les-Bains.
Alfred Saunière est nommé prêtre un an avant et entre
chez les jésuite à Narbonne comme professeur.

En 1885 les travaux du Carol sont achevés, les Pères du Saint-Esprit sont
propriétaires de l'oeuvre de Géthsémani. 1886 les Pères du Saint-Esprit
quittent le monastère du Carol.
1890 Le Père Louis de Coma est nommé cure de Baulou, il a 68 ans.