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L'autorité religieuse

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 
Mgr François de Sales Albert LEUILLIEUX

Pour pourvoir au siège laissé vacant suite au départ pour Bordeaux de M. de la Bouillerie qui fut Evêque de Carcassonne durant dix-huit ans, Monseigneur de Bonnechose fit nommer le desservant de la paroisse de St-François-de-Sales de Boulogne-sur-Mer, l'abbé Leuillieux, prénommé comme son église dont il était le fondateur.
Celui-ci avait été, en hâte, agréé par M. Thiers, comme vicaire général de Mgr Lequette, évêque d'Arras.
Les conventions concordataires demandaient que les prélats prissent pour vicaire généraux des sujets susceptibles de devenir évêques.
Nommé le 16 décembre 1872, il attendit sa préconisation jusqu'au Consistoire et fut sacré le 11 juin 1873, sous les yeux de N-D. de Boulogne, en son église, comme l'avait souhaité le Pape.
Né à Saint-Omer, en 1823, d'une famille honnête, plus recommandable par sa probité que par sa fortune. Trois de ses condisciples s'unirent pour le sacrer: l'archevêque de Bourges, Mgr de la Tour d'Auvergne-Lauragais, et les évêques de Nancy et de Southwartk (Londres)



Blason  Mgr Leuillieux
                 IN FIDE ET LENITATE
Dans la foi et la mansuétude.
"La Foi représentée par une statue posée sur le quart du monde tenant la croix dans une main; la douceur par deux brebis, dont le regard est dirigé vers la croix."

   Monseigneur LeuillIeux arriva à Carcassonne, le 24 juin 1873, par le train de 3h45, venant de Toulouse. Conformément au décret du 24 messidor, an XII, la garnison est en bataille sur les places que Monseigneur doit traverser. Au devant de lui, cinquante hommes de cavalerie et pour l'escorter, trente hommes à pied. On tira cinq coups de canon. Les sentinelles présentèrent les armes à chaque fois que Monseigneur passait devant les postes. Monseigneur Leuillieux ne passa que huit ans à Carcassonne et fut promu à l'archevêché de Chambéry. Il eut donc très peu de temps pour se faire apprécier par ses prêtres.C'est sous son épiscopat que commence cette guerre de trente ans entre l'Eglise de France et le Gouvernement. Monseigneur Leuillieux lutta avec prudence. ce n'est pas pour autant qu'il fut disposé à laissez-passer l'injure sans la relever. A peine arrivé, " La Fraternité", qui est le journal de Marcou, publie un article sur la Confession qui mérite une poursuite en diffamation. Monseigneur assigna le coupable.
En 1877, il laissa se développer dans la Semaine Religieuse une longue diatribe, suivie de polémique, entre l'abbé Falcou, directeur en chef, et Monod, pasteur de l'église réformée, à Carcassonne.
Un grand nombre d'églises nouvelles, remplacent les anciennes. Hélas! elles sont sans grand mérite architectural. Il est dit que la vieille petite église menace ruine, qu'il faut pouvoir répondre aux besoins d'une assistance accrue du fait d'une démographie plus élevée?ce qui est exact . Mais en réalité, les édifices nouveaux répondent aussi aux initiatives des curés atteints "de la maladie de la pierre" qui se propage par les rivalités de clochers. Les vénérables monuments des XIV eme et XV eme siècles sont rasés, leurs ornements, les statues de bois doré disparaissent alors. Il est bien rare que celles-ci soient reclassées dans l'église que vient de bénir Monseigneur, car on veut que tout soit neuf.
La commission d'Art Sacré, instituée par Monseigneur de Beauséjour, n'existait pas, et la conscience était, autant qu'aujourd'hui, peu sensible au vandalisme.
La Semaine Religieuse nous apprend qu'à Saint-Martin de Limoux, on vend " une rosace en verre coloriés, 2 mètres de diamètre; 3 encadrements de fenêtres romanes en pierre mesurant 3 m 50 sur 0,93 d'ouverture inférieure; 4 petites colonnes de marbre rouge de Caunes, 1m 75 de haut sur 0,12 de rayon, des grandes colonnes de même genre de marbre mesurant 3m75 de hauteur, 0,20 de rayon, une belle lampe argentée et d'autres objets d'église que l'on peut se procurer à bon compte."
Durant le ministère de Monseigneur Leuillieux, les pèlerinages à Lourdes s'intensifièrent. On va a Rome en 1877. Le Culte du Sacré-Cœur fait l'objet d'un mandement en application des décrets pontificaux.
L'abbé Le Camus ouvre un beau collège catholique à Castelnaudary, auquel, par reconnaissance, il donne le nom de saint François de sales, prénom de Monseigneur.
 

 

Il n'est pas un malheur diocésain, national, ou mondial, qui ne soit pour l'Evêque, l'occasion d'exciter avec succès la générosité des fidèles.
Plus localement lors des inondations du Midi, en 1875, qui firent 700 victimes. Mgr Leuillieux suscita un mouvement de solidarité en faveur des sinistrés, qui donna la somme considérable de 49.380,20F.
Il reçut le 3 juillet de cette même année le maréchal de Mac-Mahon, Président de la République, venu à Toulouse à l'occasion de cette catastrophe. Après plusieurs visites dans la ville basse et assisté aux offices religieux, le maréchal dormit au palais de la Préfecture et le lendemain dimanche, de bon matin alla visiter la cité, puis se rendit à la cathédrale Saint-Michel pour la messe militaire.
Monseigneur Leuillieux fut l'un des évêques fondateurs de l'Institut Catholique de Toulouse. Il prit une part très active dans cette affaire. Il sut faire comprendre l'importance de cette Université, dés le 13 mai 1877, et émouvoir les générosités de ses prêtres et de ses fidèles.
Sur la fin de son épiscopat, Mgr Leuillieux devait souffrir une grande peine. En 1879, lors de la procession de la Fête-Dieu on pouvait observer que les dévots n'y participaient pas.
L'année suivante, celui à qui sa ville épiscopale avait fait un accueil triomphal, reçut du maire de Carcassonne, notification d'un arrêté pris le 14 mai 1880, et approuvé par le Préfet le même jour, par lequel les processions et toutes cérémonies religieuses autres que celles concernant les enterrements, sont interdites hors des édifices du Culte dans toute l'étendue de la commune de Carcassonne.
Monseigneur ne discute pas les ordres mais regrette de telles mesures qui affligent tout à la fois l'Evêque du diocèse, son Clergé et des milliers de Fidèles. Mais il estime qu'il doit donner l'exemple de la soumission aux Pouvoirs établis.
Ses curés étaient d'un autre tempérament? L'archiprêtre Larroque en fit savoir quelques chose au maire de Limoux qui poussait son souci d'assurer la libre circulation jusqu'à interdire aux pèlerins de N-D. de Marceille de traverser la route, pour aller dérouler leur procession sur l'Esplanade.
A Carcassonne c'est la Croix de mission qui a été abattue au début de mars 1881, la municipalité ayant déclaré que la Croix monumentale effrayait les bêtes.
Monseigneur Leuillieux quitta Carcassonne le 14 juillet 1881, il emporta avec lui M. Siruguet, qu'il avait amené comme secrétaire et dont il avait fait son vicaire général.
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                  Décès de Monseigneur LEUILLEUX,
                          Archevêque de CHAMBERY

Monseigneur Leuilleux, Archevêque de Chambéry est mort le 11 mai 1893.
Monseigeur Leuilleux (François-de-Sales Albert) était né à Saint Omer en 1823.
Après avoir fait ses études au petit séminaire de sa ville natale, puis celui d'Arras, il étudia la théologie à Saint-Sulpice, fut ordonné prêtre en 1848 par Monseigneur Sibour.
Au mois de mars 1873, il était préconnisé Evêque de Carcassonne et sacré à Boulogne-sur-Mer, le 11 juin suivant, par Monseuigneur de la Tour d'Auvergne.
En 1881, il était transféré au siège métropolitain de Chambéry.
C'est sur son initiative qu'a été recuellie, dans les trois diocèces de Savoie, la souscription qui a permlis de fondre la "Savoyarde", la cloche piuissante destinée au clocher du Sécré-Coeur de Montmartre.

(Nécrologie parue dans la revue "la France Illustrée"- Numéro 964- du 20 ai 1893)

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