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Notre Dame de Marceille
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ORIGINE DE NOTRE DAME DE MARCEILLE
Sur une colline
dominant Limoux, s'élève une chapelle champêtre, en grande vénération
dans la contrée. Cette chapelle est connu sous le nom de Notre-Dame de
Marceille. L'origine se perd dans la nuit des temps. Les
anciennes traditions nous disent que cette statue de Notre-Dame, tenant
sur son bras l'Enfant Jésus, est sculptée dans un bois noir, suivant
l'usage oriental. Cette Vierge fut vénérée dés les premiers temps
de la prédication évangélique jusqu'à nos jours. Après une longue
absence, elle fut découverte miraculeusement dans un champ voisin de la
source coulant jusqu'au torrent pour se confondre avec lui. Combien de temps est-elle demeurée dans le tombeau?
On l'ignore.
(Photo Copyright André Galaup)
Un agriculteur dit
une antique tradition labourait son champ. Ses bœufs s'arrêtent tout à
coup. Le laboureur veut les obliger à avancer; ses efforts sont
inutiles, il aiguillonne, les bœufs demeurent immobiles. On les aurait
dit arrêtés par une force invisible. Le laboureur croit au prodige. Avec
cette foi vive qui caractérisait nos aïeux, il fait le signe de la croix,
s'agenouille et adresse au ciel une fervente prière.
Qu'elle n'est pas sa surprise lorsque, ayant creusé légèrement la
terre, il voit de ses yeux une statue de la Vierge, au teint brun, le
sourire sur les lèvres.
Il saisit avec un religieux respect cette image miraculeuse et la
place dans sa maison. Le lendemain, la statue n'est plus où
l'agriculteur la posée la veille; on la cherche inutilement. On la
retrouve au même lieu où le laboureur l'avait découverte, sur ce
magnifique plateau qui domine la ville de Limoux et ses vignobles, terre
fortunée d'où l'on distingue dans le lointain les montagnes pyrénéennes
et aux pieds de la colline, l'Aude qui roule ses flots paisibles à
travers une immense plaine.
La vierge miraculeuse est de nouveau portée au logis du laboureur,
mais….,ô prodige!... La statue disparaît à nouveau et revient se placer
au même endroit où on l'avait vue une première fois.
La Vierge manifestait ainsi sa volonté et prenait possession de ce lieu
pour y faire éclater sa puissance et combler de ses faveurs les fidèles.
A peine la découverte de la statue venait-elle d'avoir lieu, que les
nouveaux chrétiens vinrent en foule l'implorer Marie dominant la fontaine,
lui demandant la guérison des maux des yeux. Leur
espérance s'exprimant déjà par le mot: Marsilla (des yeux gâtés, endommagés par la maladie) , Mar (gâté, endommagé), Sel, sil
(fermer les yeux). L'ignorance de la prononciation celtique a
conduit à prononcer Marsil, Marseel, puis Marceille comme se défigurent
bien souvent tous les vieux noms.
L'ÉGLISE ACTUELLE
La chapelle primitive a fait
place à une vaste église. Au XV eme siècle, la garde de l'église était
confiée à un ermite. Au XVIII eme siècle, frère Antoine d'Aude, ermite,
reçoit à Notre- Dame l'Archevêque de Narbonne, Mgr de Rebé.
Le prieuré de Notre-Dame de Marceille devint successivement la propriété
de l'Archevêque de Narbonne, des boursiers du collège de la même ville
et les Doctrinaires, professeurs du collège de Limoux, qui le gardèrent
jusqu'à la Révolution. A cette époque il fut vendu comme bien national.
En 1222, les Albigeois élirent dans l'église de Notre-Dame de Marceille,
Benoît de Thermes, Evêque hérétique de Carcassonne et du Razés. (Aucun
acte ne l'atteste mais il est vrai que Limoux avait embrassé cette
doctrine, on sait que ses habitants furent excommuniés par Pons Amelli,
Archevêque de Narbonne, dans un concile tenu dans cette cité.
Notre Dame de Marceille est une structure monumentale. Elle forme une
croix latine d'une largeur de dix sept mètres sur quarante de longueur
et dix huit de hauteur.
Son architecture est du XIV eme siècle. Son porche fut édifié en 1488 et
est formé par une voûte dont les arêtes reposent sur des faisceaux de
colonnettes.
Au milieu sur un cul-de-lampe, est placée une statue de la Vierge, de
grandeur naturelle. En 1793, une bande de révolutionnaire, furieuse de
ne plus trouver la madone vénérée, se rua sur la Vierge, et la décapita,
après l'avoir mutilée. La tête retrouvée quelques années plus tard, fut
replacée sur le buste. Le bras de l'enfant qui jadis saluait les
pèlerins fut orienté vers le bas
Le don de la
Comtesse de Chambord
En Autriche, à Frosdorf, vivait la Comtesse de Chambord, épouse
d'Henri V. Son médecin était le docteur Edouard Carrière, originaire de
Limoux. Par lui la Comtesse de Chambord connut le couronnement de N-D
de Marceille.
En 1863, elle offrait une icône byzantine, en feuilles d'argent
repoussé, figurant la "Panagia" orientale. Le visage et les
mains sont peints, tandis que le costume de la Vierge est ciselé dans
l'argent. Une icône qui parait remonter
à une époque très reculée.
Selon le désir de la Comtesse, elle fut placée le plus près possible de
la niche:"Madame demande pour son époux et pour elle une part de grâces
réservées aux âmes chrétiennes, qui se mettent sous la protection de la
Mère de Dieu en l'invoquant dans ce sanctuaire privilégié".
Le conseil d'administration fut heureux de ce don…Mais on était
sous l'Empire…les remerciements furent offerts avec prudence!
(Ce précieux tableau qui tient à la fois de l'orfèvrerie et de la
peinture, représentant la Vierge et l'Enfant Jésus est actuellement en
cours de restauration.)

C'est l'église que vit André Chénier, lors de son pèlerinage en 1770
"dans laquelle je me souviens qu'il y avait un grand puits"

Chapelle de la Vierge
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LES MISSIONNAIRES A NOTRE-DAME
Dés le XVII eme siècle, les Archevêques de Narbonne ont établi des
missionnaires à Notre-Dame de Marceille pour évangéliser le Razès. L'un
d'eux, François de Fouquet, aurait souhaité fonder en ce lieu une école
ecclésiastique et une pépinière de missionnaires. On construisit alors
le grand bâtiment qui avoisine l'église. Le projet de l'Archevêque ne se
réalisa pas. Notre-Dame fut cédé aux religieux doctrinaires en 1675, par
Pierre de Bonzy, cardinal archevêque de Narbonne. Depuis la Révolution
française de 1793, la chapelle était desservie par un Aumonier. Mgr de
la Bouillerie, évêque de Carcassonne, avait quant à lui formé le projet
d'établir à Notre-Dame des prêtres de la Congrégation de la Mission. Il
laissera à son successeur le soin de réaliser ce projet.
Monseigneur François de Sales Albert Leuillieux confia alors le
sanctuaire aux Lazaristes. Ces fils de Vincent de Paul vivent
alors dans le silence et la retraite. Ils évangélisent les pèlerins et
quittent leur solitude que pour donner des missions dans les villes et
villages du diocèse de Carcassonne. Lorsque Saint Vincent de Paul fut
proclamé patron de toutes les oeuvres de bienfaisance et de charité, une
belle statue lui fut érigée dans le parc.
Les années qui vont suivre allaient être marquées par de graves
évènements et rompre cette solitude et ce silence.
De 1795 à 1838 l'administration de Notre-Dame est confiée à des
chapelains. De 1838 à 1873, le sanctuaire est confié au chanoine Henri
Gasc qui va lui prodiguer tous ses soins et ses talents artistiques pour
sa riche décoration intérieure.
Monseigneur Leuilleux avait prévu les difficultés qui tôt ou tard
allaient surgir sur la colline sacrée et avait résolu de devenir seul
acquéreur de l'église de Notre-Dame de Marceille pour le diocèse de
Carcassonne. Ce projet ne fut pas réalisé. La vente de l'église de
l'Assomption, à Limoux devait préluder à celle de Notre-Dame de
Marceille. L'un des co-propriétaires M. Bourrel en devient en 1893 seul
propriétaire. La statue miraculeuse est enlevée de sa niche et placée
dans la nouvelle église de l'Assomption. Ce fut avec beaucoup ,de
tristesse que les limouxins apprirent cette translation.
Monseigneur Félix Billard Evêque de Carcassonne, digne
héritier de la pitié de Monseigneur de la Bouillerie envers la très
Sainte Vierge ne se donna point de repos avant d'avoir réintégré
la statue dans son antique sanctuaire. MM Maury et Teisseire
achetèrent au nom de l'Évêque, la basilique à M. Bourrel.
Le calme revenu, nous sommes en 1893; le 2 juillet fête de la
Visitation de la Très Sainte-Vierge, dés l'aube les bourdons de Limoux
annoncent le retour de la Madone qui ne quittera plus ce lieu qu'elle
avait choisi.
Monseigneur Billard donna solennellement la garde de Notre-Dame aux
fils de saint Vincent de Paul et dit aux milliers de pèlerins présents:
"Nos très chers frères, je vous rends votre Madone. Je vous la
confie, gardez-la toujours et sachez, désormais la défendre. A son tour
elle vous bénira et vous défendra."


"VIDIMUS" (1377) de la Bulle du Pape Clément VI, qui unit en 1344 Notre
-Dame de Marceille au collège de Narbonne de Paris, le principal et les
boursiers du collège devenaient "recteurs perpétuels" de Notre-Dame de Marceille.

La statue de la Vierge fut couronnée le 14septembre 1862, au nom de S.S.
le Pape Pie XI, par Mgr de la Bouillerie, évêque de Carcassonne.
Les couronnes d'or, enrichies de pierres précieuses étaient faites sur
le modèle des rois goths.
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